28.12.2006
Les "cosmétiques naturels"
Tout d'abord, un bref rappel de ce qu'est un cosmétique:
Selon Ekopédia, "un cosmétique est une substance permettant de nettoyer, protéger, parfumer, maintenir en bon état le corps humain, de modifier son aspect ou d'en corriger l'odeur. Les cosmétiques sont des produits d'hygiène et d'embellissement."
Ca englobe donc : les crèmes, les savons, les shampoings, le maquillage, les dentifrices, etc.
(Edit : Voir aussi la définition d'un produit cosmétique proposée sur le site du Ministère de la santé et des solidarités)
Au cours d'un déjeûner de famille, il y a quelques semaines de cela, le sujet des cosmétiques naturels a été évoqué. Ma mère a en effet glissé dans la conversation que tous mes cosmétiques étaient naturels, alors un des convives s'est étonné et m'a demandé de préciser. J'ai répondu que je n'achetais plus que des cosmétiques utilisant des ingrédients naturels et certifiés bio, que l'on pouvait trouver dans des boutiques spécialisées (Naturalia, les Nouveaux Robinsons, Biocoop, etc.)
"- Ils sont vraiment prêts à tout pour vendre de nos jours !" m'a-t-on rétorqué.
J'ai failli bondir de ma chaise (grrr). Mais on ne m'a pas tellement laissé le temps de m'expliquer, et après quelques rires approbateurs, le sujet de conversation a vite changé.
J'ai donc décidé de clarifier ou de rappeller certaines choses sur mon blog, afin de lever les malentendus. En effet, le scepticisme très largement répandu vis-à-vis des cosmétiques naturels vient souvent de l'ignorance ou des préjugés, mais surtout de ce que l'on confond les cosmétiques naturels avec les cosmétiques PSEUDO-naturels.
Tout d'abord, rappelons que les cosmétiques utilisent les mêmes recettes :
- L'excipient, qui constitue la base du produit : c'est ce dont le produit est majoritairement constitué. C'est en général de l'eau, de l'huile (minérale ou végétale), et l'émulsifiant pour une crème (il permet de mélanger la phase aqueuse et huileuse d'une crème, et donc de former une émulsion), et dans le cas d'un shampoing, les tensioactifs ou agents moussants.
- Une ou plusieures substances dites "actives" (ou "principes actifs") : ce sont eux que l'on va mettre en avant sur l'emballage, même s'ils se trouvent en petite quantité, car ils vont conférer à un cosmétique son caractère spécifique. Par exemple, une crème enrichie en vitamine A, en acides de fruits, ou contenant des huiles essentielles, etc.
- Les substances auxiliaires (ou additifs) : colorants, parfums, conservateurs, antioxydants, etc., permettant de prolonger la durée de vie d'un cosmétique, mais aussi de le rendre plus attractif et donc vendeur: il doit par exemple être d'une jolie couleur, et sentir bon.
Cela dit, si la composition est similaire, la qualité ou la nature des ingrédients sont différents selon qu'il s'agit de cosmétiques conventionnels (courants), ou de cosmétiques naturels.
Les cosmétiques conventionnels
Dans le cas d'une crème conventionnelle, l'excipient sera souvent le fameux "parrafinium liquidum" ou encore le "petrolatum", des paraffines dérivées du pétrole très prisées car pratiques et bon marché. Mais pour la peau, ce n'est pas toujours la panacée ! En effet, ces huiles minérales formeraient un film occlusif qui empêcherait donc la peau de respirer. Au mieux cet excipient n'apporte aucun bonus à la peau.
Dans le cas d'un shampoing courant, il contient des tensioactifs de synthèse (jouant le rôle d'émulsifiant, d'agent moussant et lavant) tels que les PEG ou le Sodium laureth sulfate (ces "composés éthoxylés" posent problème du fait de leur procédé de fabrication à partir de gaz toxiques) et des huiles de silicones (agents démélants) comme le dimethicone ou le cyclomethicone qui posent un problème de biodégradabilité.
Ce qui va également caractériser les cosmétiques conventionnels ce sont les additifs utilisés : conservateurs (souvent les fameux parabens), parfums de synthèse, colorants, antioxydants synthétiques (par exemple le BHA), etc.
Les cosmétiques naturels se démarquent clairement par leur refus d'utiliser nombre de ces substances, d'une part parce qu'elles ne sont pas toujours facilement biodégradables et sont donc nuisibles pour l'environnement, d'autre part parce qu'elles constituent un risque éventuel pour la santé à long terme (principe de précaution). Ils vont donc privilégier dans leurs compositions des ingrédients d'origine naturelle, au détriment des substances chimiques de synthèse.
Ainsi les cosmétiques naturels excluent :
Les dérivés pétrochimiques, les OGM, certains conservateurs tels que les parabens, les antioxydants synthétiques, les colorants et les parfums de synthèse (ces derniers sont remplacés par les huiles essentielles qui non seulement sont naturellement parfumées - elles sont extraites de plantes et de fleurs - mais sont en outre riches en principes actifs reconnus), etc.
De plus, ces marques intégrent une certaine "éthique" dans la réalisation de leurs produits :
- Refus des tests sur les animaux
- Respect de l'environnement dans tout le cycle de vie du produit, que ce soit à la source (mode de fabrication) comme en fin de vie : par exemple des emballages réduits à leur strict minimum afin de limiter les déchets, d'où un packaging pas toujours attractif et une publicité limitée à sa plus brève expression. Ils contiennent également un pourcentage minimum d'ingrédients issus de l'agriculture biologique.
Je vous renvois également sur le site du Conseil de l'Europe qui propose une définition des "cosmétiques naturels".
Les cosmétiques pseudo-naturels vont eux mettre en avant l'utilisation de substances naturelles afin de vendre. Mais de fait, si l'on détaille la composition, ils ne différent en rien ou presque des cosmétiques conventionnels.
Un exemple flagrant : Yves Rocher ou encore dans une moindre mesure Body shop (cela dit ces derniers ne pratiquent pas de tests sur les animaux et certains de leurs produits sont semi-naturels).
Mais toutes les marques conventionnelles ont tendance à utiliser la nature comme argument vendeur. C'est ainsi qu'il est écrit sur tel shampoing ou telle crème : "aux extraits d'avoine", "à l'aloe vera", "au lait d'amande douce", etc. etc. alors que ces éléments ne constituent souvent qu'une fraction minime du produit, dans les 0,1% tout au plus. Bien évidemment ces marques ne vont pas mettre en avant l'excipient (eau, cire, huile) dont la qualité est pourtant fondamentale puisque le produit en est majoritairement constitué. Mais rien ne sert de mettre tel ou tel autre principe actif, aussi bon soit-il, si la base est de mauvaise qualité.
Distinguer un cosmétique naturel d'un autre c'est donc :
- Savoir détailler l'INCI (la composition détaillée du produit). C'est en conséquent ne pas être dupe de la publicité et du marketing qui vante les prétendus bienfaits d'un produit, et dépasser cette superficialité en ne se basant que sur la vérité "scientifique" de ce produit, autrement dit ses ingrédients, qui eux ne peuvent mentir. A partir de là, on peut choisir des cosmétiques conventionnels, naturels ou semi-naturels, mais en connaissance de cause !
- C'est aussi faire attention aux Ecolabels du produit : label AB, Label Ecocert et charte Cosmébio, BDIH, "Nature & Progrès".
Il ne s'agit pas ici de faire l'apologie du "tout naturel" et de crier haro sur la chimie. Certaines substances naturelles peuvent elles aussi comporter certains risques (allergies par exemple), mais là encore tout dépend de la sensibilité et des préférences de chacun. Il est cependant généralement reconnu que les ingrédients naturels respectent plus l'équilibre de notre nature (ne faisons-nous pas partie intégrante de la nature?), sans compter que ces produits se font souvent le relais de recettes ancestrales (testées et approuvées ;).
Bien entendu, l'idéal pour la préservation de l'environnement serait de limiter au maximum notre consommation de cosmétiques, et notre consommation en général !
A lire
Eclectic blog - 10 bonnes raisons de passer aux cosmétiques naturels
Pour en savoir plus
La vérité sur les cosmétiques, Rita Stiens
Cosmétiques, mode d'emploi, Laurence Wittner
Qu'entend-on par produit naturel?
Greenpeace - Guide Cosmétox
16:05 Publié dans Cosméthiques, Dico | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14.12.2006
Un marché de Noël éthique
A l'occasion des fêtes de fin d'année, le collectif de designers éthiques CREATEURS D'AUTREMENT organise son marché de Noël.
Du 18 au 23 décembre
De 11h à 20h00
A l'Espace Beaurepaire
28 rue Beaurepaire 75010 Paris
Métro : République
Pour en savoir plus
Le site des Créateurs d'autrement : Ici ou en cliquant sur l'image.
17:25 Publié dans Ecocivisme, Manifestations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.12.2006
Joyeux noël !
Les fêtes approchant à grands pas, j'en profite pour vous souhaiter d'avance à tous un joyeux noël :) et revenir un moment sur la signification d'une telle célébration. Au-delà des origines païennes et chrétiennes de celle-ci, que je ne rappelerai pas ici, ce moment de l'année est vécu par chacun de nous de façon très personnelle et subjective.
En effet, il existe de multiples façons d'envisager les fêtes de Noël : religieuse, candide, humaniste, altruiste, commerciale, désabusée, indifférente, ou encore cynique.
Depuis peu, alors que je me situais de plus en plus dans la catégorie "indifférente", j'ai plus de joie à l'approche de cette fête. Pour moi c'est l'occasion de la réinventer. Noël ne sera plus seulement un bon repas et des cadeaux offerts à mes proches, mais aussi une action de soutien à une cause qui m'est chère.
En effet, à toute la liste précédente, vient s'ajouter : le "Noël écologique", que l'on peut aussi considérer comme une forme de Noël humaniste, au sens moderne du terme donc éthique.
Je ne pense pas être alarmiste ou pessimiste en rappelant que cette fête est hélas largement récupérée... mais où est le mal me direz-vous? Il ne s'agit pas là encore de culpabiliser, mais plutôt de responsabiliser. Il serait bon de penser aux conséquences d'un achat, et à ce que l'on finance implicitement.
Un Noël écolo c'est quoi?
- C'est ne rien offrir (carrément radical!), décider de ne pas subir le dictat de "à Noël il faut offrir". Mais l'homme en tant qu'"animal social" se pliera difficilement à cela.
- C'est offrir des objets dont on n'a pas besoin, plutôt que de les jeter : là encore, on pourrait passer pour un radin. Il ne s'agit pas de se débarrasser d'un objet indésirable, mais peut-être bien que ça ferait plaisir à quelqu'un d'autre ou à une association.
- C'est faire une sélection de ceux à qui l'on va donner de l'argent sur des critères éthiques et écologiques : par exemple acheter des objets à des associations de protection de la nature afin de les soutenir (ou à des associations humanitaires ou de commerce équitable): ils ont souvent un catalogue ou une boutique en ligne. Exemple : Boutique Pandashop du WWF, Artisans du monde, Boutique LPO, ...
- C'est fabriquer soi-même ses cadeaux ! Par exemple : bijoux, sacs, vêtements, paniers cosmestiques, paniers gourmands, etc. Pourquoi est-ce plus écologique ? Pour de nombreuses raisons : parce que l'on contrôle le processus de fabrication, que l'on choisit les matières premières, que l'on évite plus facilement le gaspillage et les pollutions en tout genre...c'est le côté "artisanal" de la chose qui lui donne plus de valeur.
- C'est ne pas emballer inutilement : réutiliser des emballages d'anciens papiers cadeaux, ou encore de vieux journaux, de vieilles matières inutilisées, plutôt que de les jeter.
- C'est être attentif à la composition de ce que l'on offre et à sa toxicité éventuelle (notamment les cadeaux que l'on offre aux enfants) cf. Vigitox.
- C'est offrir des cadeaux immatériels : places de concert, séances de massage, etc.
A ce propos je vous recommande vivement la lecture de deux articles issus du blog de Raffa (Le grand ménage) dont j'ai plusieures fois parlé et dont je me suis largement inspirée : Eco emballer les cadeaux, et Les cadeaux de Noël.
Acheter écologique
Pour tous : Biorespect, 100% équitable, Zone écolo
Pour les enfants : Mon petit öko, bébé en vadrouille
Vêtements : Ideo, Seyes, Ligne nature, Lokaterre, Veja (baskets), Planete coton
Cosmétiques : Melvita, Bioaromes, Weleda, Dr.Hauschka, Coslys, Logona, Lavera, Doux me, Themis, etc.
Pour en savoir plus
Ecoconso - Jeux et jouets pour un meilleur environnement
Ekopedia - Cadeau
16:50 Publié dans Ecocivisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.12.2006
Skin deep : une base de données pour identifier les dangers éventuels de nos cosmétiques
Je viens de découvrir (grâce au blog Mes Elixirs) une base de données américaine qui répertorie plus de 14.000 produits de beauté. Ceux-ci sont présentés par marques et notés en fonction de leur toxicité et de leur risque éventuel sur la santé.
Trois catégories de risques :
- Low concern (risque faible) pour les produits ayant une note comprise entre 0 et 1.
- Moderate concern (risque modéré) lorsque la note se situe entre 1 et 3,5.
- Higher concern (risque élevé) note de 3,5 à 5.
En d'autres termes, plus la note est élevée, plus le risque présenté par le produit l'est aussi.
La recherche peut se faire :
- Par nom de marque, de produit ou d'ingrédient
Exemple : Clarins
Sur 44 produits Clarins, 3 présentent un risque faible, 10 un risque modéré, et.... 32 un risque élevé !
- Par type de produit
Exemple : Hair care (soin des cheveux) - baby shampoo (shampoings pour bébés) - puis on arrive sur une liste de marques.
Sur les 18 shampoings pour bébés répertoriés, on trouve 2 shampoings présentant un risque faible, 13 un risque moyen, et enfin 3 un risque élevé.
Pour avoir plus de détails sur les ingrédients d'un produit en particulier, il suffit de cliquer sur le produit en question.
Une base de données additionnelle listant les ingrédients que l'on peut trouver dans nos cosmétiques est également proposée. Ainsi si l'on fait une recherche par mot clé plutôt que par thème, il suffit de dérouler la flèche à droite de la barre de recherche et de sélectionner "ingredients" plutôt que "product" et biensûr ne pas oublier de taper le nom de l'ingrédient que l'on cherche. Ceux-ci ont également une note.
Je n'ai pas utilisé cette banque de données de façon approfondie et je pense qu'il y a d'autres ressources supplémentaires intéressantes qui y sont proposées.
Skin deep est une base de données conçue par l'"Environmental working group" (EWG), une ONG américaine à but non lucratif fondée en 1993 et basée à Washington, spécialisée dans les questions de santé publique et de protection de l'environnement.
Des équivalents français?
Je n'ai pas encore rencontré de base de données française de cette importance.
Néanmoins, il existe de nombreuses ressources sur le web répertoriant et expliquant tel ou tel autre ingrédient utilisé dans nos produits de beauté et ses risques éventuels sur la santé et l'environnement.
Un site de référence que je vous recommande : Le Flacon. Il répertorie à ce jour la composition de 247 produits de 107 marques totalisant 853 ingrédients. La navigation me semble cependant moins facile que celle de Skin Deep.
Pour aller sur Skin deep Cliquez sur l'image ou Ici
Pour en savoir plus
A propos de Skin Deep
18:45 Publié dans Cosméthiques, Pollution chimique, Vu, lu, entendu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note