02.04.2007

Earthlings (Terriens)

Earthlings est un documentaire américain qui a pour thème l'exploitation de l'animal par l'Homme. Plus précisemment c'est ici l'élevage des animaux à des fins alimentaires, vestimentaires, scientifiques, etc., qui est dénoncé en ce que l'animal est considéré comme pure marchandise, dont on nie tout droit et respect fondamentaux. 
Earthlings a été réalisé partiellement en caméra cachée. Comme cela est signalé au début du film, les images, si elles révèlent indéniablement un point de vue, ne sont pas pour autant caricaturales et réductrices, mais révélatrices hélas de pratiques courantes et largement employées dans l'industrie.

Fiche technique
medium_10m.jpgRéalisation et scénario : Shaun Monson
Production : Shaun Monson et Nicole Visram
Narration: Joaquin Phoenix
Musique originale : Brian Carter, Natalie Merchant, Moby, ...
Genre : Documentaire
Date : 1er janvier 2003
Origine : Etats-unis
Durée : 95 min

Le documentaire commence par une énumération des trois étapes de la vérité :
1. Le ridicule
2. L'opposition violente
3. L'acceptation
Cette entrée en matière fait sienne une citation d'Arthur Schopenhauer, qui dit : "Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence."
Ainsi, avant d'accepter la vérité crue, l'Homme passe par ces différentes étapes. Je ne m'explique pas trop la première, si ce n'est la tendance que nous avons à tourner en ridicule ce que nous ne connaissons pas, ou plutôt les sujets sur lesquels nous avons un certain nombre de préjugés tenaces. 
On peut se demander pourquoi le film commence ainsi, et quel rapport avec le sujet? Et à quelle vérité fait-on ainsi référence ? Ce documentaire donne d'emblée son objectif : montrer une vérité qui est aujourd'hui soit ridiculisée, soit rejetée de façon plus violente. Le but est, pourrait-on penser, de nous faire adhérer à une opinion, à un parti pris qui se voudrait de façon quelque peu présomptueuse une vérité universelle : la condamnation du spécisme (ou antispécisme). Le spécisme sera-t-il au XXIe siècle ce que le racisme fut au XXe siècle, porté à son paroxysme puis unanimement condamné?

Le titre "Terriens" me paraît révélateur, et n'a pas été choisi par hasard. Souvent lorsque l'on parle d'un terrien, on pense spontanément et uniquement à l'espèce humaine. Mais la définition de "terrien" est bien plus large puisqu'elle désigne tout habitant de la planète Terre, que ce soit l'homme, l'animal, ou encore l'insecte. Ainsi, ce titre met implicitement sur un même plan et sur une même échelle de valeur je dirais, toutes les espèces peuplant cette Terre. Après avoir évoqué les différentes discriminations des hommes entre eux, discriminations d'ordre raciales (racisme), d'ordre sexuelles (sexisme) ou encore d'ordre religieuses, un concept est mis en avant : le "SPECISME". J'ignorais cette notion auparavant. Je vous renvois à la définition du spécisme et de l'antispécisme sur Wikipédia. Il s'agit d'une discrimination non plus au sein d'une même espèce mais entre différentes espèces. En l'occurence, entre l'espèce humaine et les espèces animales, l'Homme considèrant souvent que ses propres intérêts passent avant ceux des autres espèces, donnant lieu à de nombreuses dérives...
La comparaison qui est faite d'emblée entre racisme et spécisme est frappante. L'on passe d'images de l'holocauste et des camps de concentration à celle des élevages intensifs de porcs et de boeufs...le parallèle est troublant! Et par conséquent on ne peut s'empêcher de se poser cette question : en vertu de quoi devrait-on minimiser ou ignorer la souffrance et la captivité animale par rapport à celle de l'Homme?

Le film se développe autour de 5 axes, ou fins pour lesquelles nous élevons des animaux :
1. PETS ou l'animal de compagnie
2. FOOD ou la nourriture d'origine animale
3. CLOTHES ou l'animal élevé pour l'habillement
4. ENTERTAINMENT ou l'animal objet de divertissement
5. SCIENCE ou les tests sur les animaux à des fins scientifiques

Ce documentaire montre combien l'Homme est dépendant de l'exploitation animale et par voie de conséquence en quoi sa prétendue indépendance et sa supériorité sont illusoires. Supériorité en terme de pouvoir certes, mais pas en terme d'humanité !

Pour conclure je citerais l'oncle de Spiderman qui lui dit peu de temps avant de mourir :
"From great power comes great responsibility".
Plus sérieusement, voici quelques citations tirées du documentaire Earthlings et qui m'ont interpellé...

Citations tirées du documentaire
"As often as Herman had witnessed the slaughter of animals and fish, he always had the same thought: in their behavior toward creatures, all men are Nazis. The smugness with which men could do with other species as he pleased exemplified the most extreme racist theories, the principle that might is right." (In Enemies, a love story, Isaac Bashevis Singer)

"Killing an animal is, in itself, a troubling act. It has been said that if we had to kill our own meat, we would all be vegetarians. Certainly very few people ever visit a slaughterhouse, and films of slaughterhouse operations are not popular on television. People might hope that the meat they buy came from an animal who died without pain, but they don't really want to know about it. Yet those who, by their purchases, require animals to be killed, do not deserve to be shielded from this or any other aspect of the production of the meat they buy."

"It seems the fate of many animals is either to be unwanted by man...or wanted too much. We enter as lords of the earth bearing strange powers of terror and mercy alike ... [But] humanbeings [should] love animals as ... the knowing love the innocent, and the strong love the vulnerable. When we wince at the sufferings of animals, that feeling speaks well of us even when we ignore it, and those who dismiss love for our fellow creatures as mere sentimentality overlook a good and important part of our humanity."

Sources
Site officiel
IMDb
Scénario original

Voir le documentaire sur Google Video (Anglais sous-titré Français)

Blogs qui en parlent
Allant vers l'endroit
Evasions terriennes

28.02.2007

"Notre pain quotidien"

medium_unser-taeglich-brot.jpg

Voici un film qui promet d'être choc ! 

Synopsis
Pendant deux ans, Nikolaus Geyrhalter a placé sa caméra au coeur des plus grands groupes européens agricoles, nous donnant accès à des zones inaccessibles. Il a filmé les employés, les lieux et les différents processus de production pour réaliser un documentaire cinéma qui interroge et implique intimement chaque spectateur.
Notre pain quotidien ouvre une fenêtre sur l’industrie alimentaire de nos civilisations occidentales modernes. Réponse à notre sur-consommmation, la productivité nous a éloigné d’une réalité humaine pour entrer dans une démesure ultra-intensive qui a rejoint les descriptions des romans d’anticipation.
Cadrages minutieusement composés, images cristallines, montage fluide construisent un film sans commentaire, sans propagande, dont les images parlent et demeurent.
Notre Pain Quotidien questionne, inquiète et fascine.

"Le réalisateur lève le voile qui nous sépare des coulisses où l’on transforme la nature pour la conduire à nos assiettes… Ce spectacle est à la fois fascinant, et terrifiant car il nous oblige à regarder ce que nous soupçonnons tous sans vouloir y croire vraiment. Un des meilleurs documentaires de l’année. On ne mange forcément plus pareil après l’avoir vu.”  Y. Arhus-Bertrand

medium_120-160npqweb.jpgFiche technique
Réalisateur : Nikolaus Geyrhalter
Film autrichien
Genre : documentaire
Année de production : 2005
Titre original : Unser täglich Brot
Distribué en France par KMBO

Prix
Grand prix du festival international du film d'environnement de Paris, 2006

Sortie en France le 14 mars 2007

Remarque : 5% des bénéfices seront reversés à la FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des régions de France)

Voir la bande annonce 

Sources
Site officiel
Blog officiel
Blog raffa - le grand ménage

25.10.2006

Tryo - L'hymne de nos campagnes

Si tu es né dans une cité HLM
Je te dédicace ce poème
En espérant qu'au fond de tes yeux ternes
Tu puisses y voir un petit brin d'herbe
Et les mans faut faire la part des choses
Il est grand temps de faire une pause
De troquer cette vie morose
Contre le parfum d'une rose

Refrain
C'est l'hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !

Pas de boulot, pas de diplômes
Partout la même odeur de zone
Plus rien n'agite tes neurones
Pas même le shit que tu mets dans tes cônes
Va voir ailleur, rien ne te retient
Va vite faire quelque chose de tes mains
Ne te retourne pas ici tu n'as rien
Et sois le premier à chanter ce refrain

Refrain

Assieds-toi près d'une rivière
Ecoute le coulis de l'eau sur la terre
Dis-toi qu'au bout, hé ! Il y a la mer
Et que ça, ça n'a rien d'éphémère
Tu comprendras alors que tu n'es rien
Comme celui avant toi, comme celui qui vient
Que le liquide qui coule dans tes mains
Te servira à vivre jusqu'à demain matin !

Refrain

Assieds-toi près d'un vieux chêne
Et compare-le à la race humaine
L'oxygène et l'ombre qu'il t'amène
Mérite-t-il les coups de hache qui le saigne?
Lève la tête, regarde ces feuilles
Tu verras peut-être un écureuil
Qui te regarde de tout son orgueil
Sa maison est là, tu es sur le seuil...

Refrain

Peut-être que je parle pour ne rien dire
Que quand tu m'écoutes tu as envie de rire
Mais si le béton est ton avenir
Dis-toi que c'est la forêt qui fait que tu respires
J'aimerais pour tous les animaux
Que tu captes le message de mes mots
Car un lopin de terre, une tige de roseau
Servira la croissance de tes marmots !

Refrain

medium_734476.jpg 
Pour écouter : L'hymne de nos campagnes



18.10.2006

Vers dorés

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gérard de NERVAL
(1808 - 1855)

21.09.2006

Soleil Vert

medium_Soylent_Green_cover.jpgNew-York, an 2022 : 40,000,000 d'habitants. Une ville surpeuplée, où plus de la moitié des gens est sans logement, vivant dans les escaliers d'immeubles, dans les rues, ou dans les églises. Une ambiance de guerre, où pénurie, rationnement, violence et chaos sont les maîtres mots.
Un flic, le détective Robert Thorn, incarné par Charlton Heston, enquête sur le meurtre d'une des plus grandes personnalités du moment : Simonson, le directeur de l'usine de fabrication du soleil vert ou "soylent green" en anglais.
Le soylent green ressemble à une petite galette verte. Riche en nutriments elle sert de base à l'alimentation de la majorité des hommes. En effet, seuls les gens riches ont accès à de la nourriture "normale". La pollution et la surpopulation ont conduit à l'épuisement des ressources naturelles, à la destruction quasi-totale des espèces animales, marines, végétales. Même les arbres ont quasiment disparu : ils n'existent qu'en serre. C'est pourquoi le soylent green est si précieux, sans lui la famine ravagerait ce reste d'humanité.
Le réchauffement climatique est déjà pressenti : il règne une chaleur accablante toute l'année, seules les familles opulentes vivent sous climatisation.
Mais revenons-en à l'enquête : pourquoi le directeur d'une des fabriques les plus puissantes a-t-il été assassiné? Quel secret a-t-on voulu préserver en l'éliminant, et qui en a donné l'ordre?
C'est en tentant d'y répondre que notre héros, flic corriace vivant avec un vieil ami bibliothécaire du nom de Sol Roth, va affronter la réalité, le secret de fabrication du soylent green...à donner froid dans le dos.


medium_20060226004931_soylent-green.3.jpg
La fiction rejoindra-t-elle la réalité?







Fiche technique
Réalisation :   Richard Fleicher
Acteurs principaux :   Charlton Heston (Robert Thorn), Edward G.Robinson (Sol Roth), Joseph Cotton (Simonson), Leigh Taylor Young (Shirl)
Musique :   Fred Myrow
Film américain
Adaptation du roman de Harry Harrison Make room! Make room! (1966)
Genre :   Science Fiction
Année de production :   1973
Production :  MGM (Metro-Goldwyn-Mayer)

Grand prix du festival international du film fantastique d'Avoriaz 1974

Sources
Critique du film
Article Wikipedia

13.09.2006

Mercy mercy me

medium_4626.jpgCette chanson, signée Marvin Gaye, et sous-titrée "The Ecology", est tirée de l'album "What's going on" (1971). Mercy mercy me est un chant mélancolique, constat amer de la dégradation de l'environnement par l'homme. Y sont évoqués les marées noires "oil wasted on the ocean and upon our seas", la pollution au mercure "fish full of mercury", nucléaire "radiation under ground and in the sky", l'extinction d'espèces animales "Animals and birds who live nearby are dying", ou encore la surpopulation humaine "What about this crowded land".
La chanson, tout comme l'album dans son ensemble, évoque la nostalgie d'un passé, sorte de paradis perdu : "Where did all the blue skies go?", ou dans le refrain : "Ah things ain't what they used to be".
Précisons que l'expression "Mercy me" est une interjection signifiant "Seigneur!" ou "Miséricorde!". On retrouve ici la dimension religieuse très présente dans l'oeuvre et la vie de Marvin Gaye.
"What's going on" est semble-t-il le premier album de musique soul qui traite de l'écologie.

Pour en savoir plus
Lyrics
Wikipédia

Pour écouter la chanson
Mercy mercy me

A lire sur l'album
What's Going On, Marvin Gaye? (1988), Ben Edmonds, édité en France chez 10/18 Musiques & Cie.

06.09.2006

La forêt vierge

Depuis le jour antique où germa sa semence,
Cette forêt sans fin, aux feuillages houleux,
S'enfonce puissamment dans les horizons bleus
Comme une sombre mer qu'enfle un soupir immense.

Sur le sol convulsif l'homme n'était pas né
Qu'elle emplissait déjà, mille fois séculaire,
De son ombre, de son repos, de sa colère,
Un large pan du globe encore décharné.

Dans le vertigineux courant des heures brèves,
Du sein des grandes eaux, sous les cieux rayonnants,
Elle a vu tour à tour jaillir des continents
Et d'autres s'engloutir au loin, tels que des rêves.

Les étés flamboyants sur elle ont resplendi,
Les assauts furieux des vents l'ont secouée,
Et la foudre à ses troncs en lambeaux s'est nouée ;
Mais en vain : l'indomptable a toujours reverdi.

Elle roule, emportant ses gorges, ses cavernes,
Ses blocs moussus, ses lacs hérissés et fumants
Où, par les mornes nuits, geignent les caïmans
Dans les roseaux bourbeux où luisent leurs yeux ternes ;

Ses gorilles ventrus hurlant à pleine voix,
Ses éléphants gercés comme une vieille écorce,
Qui, rompant les halliers effondrés de leur force,
S'enivrent de l'horreur ineffable des bois ;

Ses buffles au front plat, irritables et louches,
Enfouis dans la vase épaisse des grands trous,
Et ses lions rêveurs traînant leurs cheveux roux
Et balayant du fouet l'essaim strident des mouches ;

Ses fleuves monstrueux, débordants, vagabonds,
Tombés des pics lointains, sans noms et sans rivages,
Qui versent brusquement leurs écumes sauvages
De gouffre en gouffre avec d'irrésistibles bonds.

Et des ravins, des rocs, de la fange, du sable,
Des arbres, des buissons, de l'herbe, incessamment
Se prolonge et s'accroît l'ancien rugissement
Qu'a toujours exhalé son sein impérissable.

Les siècles ont coulé, rien ne s'est épuisé,
Rien n'a jamais rompu sa vigueur immortelle ;
Il faudrait, pour finir, que, trébuchant sous elle,
Le terre s'écroulât comme un vase brisé.

Ô forêt ! Ce vieux globe a bien des ans à vivre ;
N'en attends point le terme et crains tout de demain,
Ô mère des lions, ta mort est en chemin,
Et la hache est au flanc de l'orgueil qui t'enivre.

Sur cette plage ardente où tes rudes massifs,
Courbant le dôme lourd de leur verdeur première,
Font de grands morceaux d'ombre entourés de lumière
Où méditent debout tes éléphants pensifs ;

Comme une irruption de fourmis en voyage
Qu'on écrase et qu'on brûle et qui marchent toujours,
Les flots t'apporteront le roi des derniers jours,
Le destructeur des bois, l'homme au pâle visage.

Il aura tant rongé, tari jusqu'à la fin
Le monde où pullulait sa race inassouvie,
Qu'à ta pleine mamelle où regorge la vie
Il se cramponnera dans sa soif et sa faim.

Il déracinera tes baobabs superbes,
Il creusera le lit de tes fleuves domptés ;
Et tes plus forts enfants fuiront épouvantés
Devant ce vermisseau plus frêle que tes herbes.

Mieux que la foudre errant à travers tes fourrés,
Sa torche embrasera coteau, vallon et plaine ;
Tu t'évanouiras au vent de son haleine ;
Son oeuvre grandira sur tes débris sacrés.

Plus de fracas sonore aux parois des abîmes ;
Des rires, des bruits vils, des cris de désespoir.
Entre des murs hideux un fourmillement noir ;
Plus d'arceaux de feuillage aux profondeurs sublimes.

Mais tu pourras dormir, vengée et sans regret,
Dans la profonde nuit où tout doit redescendre :
Les larmes et le sang arroseront ta cendre,
Et tu rejailliras de la nôtre, ô forêt !

Charles-Marie LECONTE DE LISLE
(1818-1894)
Poèmes barbares

29.08.2006

Nausicaä de la vallée du vent

Vêtu d'une robe bleu, il descendra d'un champ d'or pour restaurer une fois encore l'alliance perdue avec la Nature et guider les hommes vers un monde de bonheur et de pureté.

medium_l_nausicaa4.jpgIl était une fois, dans un monde futur, une princesse nommée Nausicaä.
Elle vit dans la vallée du vent, une oasis préservée de la destruction, du désert et de la pollution.
En effet, plusieurs siècles après les 7 jours de feu qui ont détruit, tels l’apocalypse, les civilisations humaines, subsistent quelques peuples, réduits à un mode de vie quasi moyenâgeux.

Miyazaki fait très fort en créant cette histoire mêlant le conte et la science fiction. Il nous décrit un monde dévasté où quelques hommes tentent tant bien que mal de s'adapter, de vivre ou plutôt de survivre. Un ennemi apparent : la forêt toxique. Elle s'étend, elle menace l'homme car il ne peut y respirer qu'avec un masque. L'air pur, l'eau pure, la terre pure sont des denrées rares qu'il faut cultiver soigneusement.
Nausicaä n’est pas une fille ordinaire. Sur son avion planeur elle parcourt les immensités désertiques, et aime à explorer la forêt que tant d'hommes redoutent. En réalité, elle cherche à résoudre un mystère : pourquoi cette forêt est-t-elle si toxique et polluée?
Contrairement aux autres elle a le pouvoir, ou plutôt l’envie, de communiquer avec les bêtes qui peuplent cette forêt : les Oomus. En effet, seuls d'immenses insectes mutants y vivent. Parfois redoutables, ils se nourrissent d'hommes. Mais Nausicaä ne les craint pas et comprend parfaitement que leur agressivité n’est que défensive.
C'est un véritable message de tolérance, de paix, de respect.

Ce film est très "miyazakien" de par les thèmes abordés : le soucis de l'environnement qui n'est pas sans rappeler Princesse Mononoké ; l'idée d'un messie venant sauver l'humanité de sa perte, liée aux traditions orales; le thème de la guerre et de la bêtise humaine.
On retrouve le symbolisme, par exemple celui lié aux éléments : le feu souvent symbole négatif de destruction (arme à feu), l’air (ou vent) plutôt positif, l’eau source de vie,...On retrouve la nécessité d'une réconciliation entre deux mondes qui s'affrontent : la nature d'un côté, et l'homme de l'autre.

Le personnage de Nausicaa s’inspire de deux héritages, l’un japonais, l’autre grec. En effet, le nom Nausicaa vient de celui d'une princesse Phénicienne, fille d'Alcinoos, dans l'Odyssée (qui apparaît notamment dans le chant VI). Elle sauva Ulysse quand il s'échoua sur les terres couvert de sang puis soigna ses blessures. Une autre inspiration pour la Nausicaa de Miyazaki fut un conte japonais du XIIe siècle : la "Princesse Qui Aimait les Insectes", une noble qui était considérée comme une excentrique parce qu'elle aimait observer les insectes. Selon elle il fallait aller au-delà de l'apparence pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur des êtres.

Précisons quand même que ce film qui date de 1984 est l'adaptation d'une bande dessinée de Miyazaki lui-même, "Kaze no tani no Naushika" publiée deux ans plus tôt.
Enfin, la musique de Joe Hisaishi apporte encore sa touche magique.

16.08.2006

Gorilles dans la brume

medium_gorilles_dans_la_brume.jpgVous avez sûrement entendu parler de Dian Fossey. Ce nom évoquait pour moi des images entraperçues dans je ne sais plus quel magazine il y a bien des années de cela : une petite tête grisonnante, pointant au dessus des herbes hautes, un visage souriant tendrement tourné vers de puissants gorilles au torse d’ébène.
Récemment j’ai pu voir l’excellente adaptation au cinéma de la vie de cette femme en Afrique. Ce film fut réalisé en 1988 par Michael Apted avec, dans le rôle principal, Sigourney Weaver.
Il se base sur le livre que Dian Fossey publia elle-même en 1982, peu avant son assassinat en 1985 (elle fut tuée à coups de machette), relatant ses recherches et ses observations des Gorilles des montagnes.
Il raconte l’histoire d’une femme qui décide de se lancer corps et âme dans une aventure : à l’origine une mission de 6 mois qui se convertira en une vie de 18 ans.
On découvre un personnage qui n’est pas forcément sympathique : colérique, impulsive, parfois violente, et alcoolique, Dian Fossey se révèle être une femme fragile et impuissante, mais entêtée dans son combat, courageuse, et incroyablement seule. On est loin de la figure classique et polie du héros, et cela rend le film d’autant plus crédible.
La seule façon qu’elle trouve pour se faire respecter est de jouer sur les croyances et superstitions des tribus de la montagne. Elle se fait ainsi prendre pour une sorcière et joue là-dessus pour s’imposer dans le milieu hostile où elle a élu domicile, révélant parfois un masque de cruauté envers le genre humain.
Ce film mêle fiction et réalité, et a su trouver un juste équilibre entre film d’aventure, drame et documentaire.
Dans le rôle secondaire mais non moins intéressant : Sembagare, le guide, le pisteur et compagnon de route de Dian, le seul qui la comprenne. Il la ramène parfois à la réalité lorsque le désespoir et la colère mêlés lui font toucher la folie.
Ne vous attendez pas à voir un chef d’œuvre cinématographique. Non, ce film n’a pour ambition que de montrer la réalité crue, la réalité dure d’un parcours hors du commun, d’un choix de vie aux frontières de la mort. Il nous révèle que la bestialité n’est pas toujours là où on le pense. Ce film m’a profondément émue et révoltée. 
Cela dit, il est selon moi entièrement porté par le talent de Sigourney Weaver dans un rôle qui, sans surprises, lui a valu un golden globe et une nomination aux oscars.

Dian Fossey créa en 1978, suite au meurtre cruel de Digit, un de « ses » gorilles préférés (il fut décapité et ses pattes arrachées pour en faire des cendriers), le Digit fund, afin de récolter de l’argent pour soutenir son combat contre le braconnage et éviter le massacre de l’espèce. Son action fut déterminante et c’est sans nul doute grâce à elle que les gorilles des montagnes peuplent encore cette région d’Afrique.
 Aujourd’hui le Digit fund continue d’exister mais s’appelle depuis 1992 le Dian Fossey Gorilla Fund international, et se consacre toujours à la recherche sur les gorilles d’Afrique et à la préservation de l’espèce.
Le combat est loin d'être achevé puisque le gorille des montagnes fait partie des 10 espèces les plus menacées dans le monde...

Pour en savoir plus

The Dian Fossey Gorilla Fund International

Biographie de Dian Fossey